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McLaren 570S : la machine à sensations

20/02/2017

MCLAREN 540C – Opter pour un modèle d’entrée de gamme, c’est savoir se contenter de l’essentiel ; le plus souvent d’un 3-cylindres "downsizé”, d’une climatisation manuelle, voire de sièges en tissu et d’enjoliveurs… Pas chez McLaren. En conservant les majestueuses portes en élytre de ses plus puissantes sœurs 570S et 570GT, la 540C, la plus modeste des sportives de Woking, annonce d’emblée la couleur. Après avoir enjambé l’épais ponton de la coque carbone et s’être laissé glisser au creux du siège baquet, presser le bouton "start engine” apporte la confirmation que le V8 biturbo n’a pas été sacrifié sur l’autel du sacro-saint tarif "de base”. Le sifflement frénétique du démarreur auquel succède le râle caverneux de la mécanique immerge définitivement l’équipage dans le monde merveilleux de la firme au kiwi. Cela dit, c’est la moindre des choses en échange d’un "ticket d’entrée” à… 164 500 € ! Le coupé de Sa Majesté reste néanmoins plus abordable que deux de ses plus féroces rivales : l’Audi R8 (169 600 €) et la Porsche 911 Turbo (177 695 €), comptant elles aussi 540 ch. Mieux encore, cette 540C n’est pas qu’un prix ; c’est une expérience.


 
 

 


Si puissant et soudain, l’effet centrifuge fait même craindre un dépassement fortuit des limites d’adhérence des larges Pirelli P Zero.

A moins d’oser la comparaison avec une monoplace ou un prototype d’endurance, aucune autre sportive n’offre une telle position de conduite. Non seulement le pédalier, le volant et le baquet décrivent un alignement parfait, mais l’architecture similaire à celle de l’élitiste 650S engendre une installation très avancée du pilote. Avec l’impression d’être "assis” sur l’essieu avant, la directivité de cette McLaren paraît d’autant plus exceptionnelle. Au moindre angle au volant, le corps épouse irrémédiablement les flancs du siège. Si puissant et soudain, l’effet centrifuge fait même craindre un dépassement fortuit des limites d’adhérence des larges Pirelli P Zero. Que nenni ! Alors que l’instinct de survie tire le signal d’alarme en entrée de courbe, le train avant supporterait encore allègrement quelques kilomètres-heure et/ou degrés de braquage supplémentaires. Surréaliste, l’efficacité et l’équilibre de cette propulsion ne nuisent pas pour autant à l’authenticité des sensations. En conservant une assistance hydraulique, la direction maintient un excellent contact avec l’asphalte et supporte de passer d’un appui à l’autre à la vitesse de l’éclair sans voir sa consistance s’altérer.






Bien que faisant l’impasse sur la compensation hydraulique du roulis, la 540C obtempère sans la moindre inertie, tirant profit d’une suspension pilotée finement calibrée et d’un poids nettement inférieur à celui de ses concurrentes germaniques à quatre roues motrices. Avec un tel "package”, difficile de ne pas faire bon usage des 540 ch. Malgré la double suralimentation, le temps de réponse du 8-cylindres reste infime. Au moins aussi minime que celui de la boîte robotisée à double embrayage à 7 rapport d’origine italienne (Graziano). De quoi faciliter grandement le dosage des gaz, y compris lorsque le mode de conduite le plus extrême, baptisé "track”, est engagé. La poussée n’en demeure pas moins impressionnante, avant même les 3 500 tr/min, seuil auquel les 540 Nm de couple maxi sont libérés. Alliant miraculeusement souplesse et allonge, le V8 made in England n’a qu’un défaut : ne pas être doté en série de l’échappement sport afin de décupler l’hystérie ambiante. Une présence sonore plus marquée permettrait au passage de prendre plus facilement conscience de sa vitesse avant que le premier des trois chiffres au compteur digital soit un "2”…

McLaren 540C : fiche technique

Moteur : central arrière, V8 biturbo, distribution variable, 32 soupapes
Cylindrée : 3 799 cm3
Puissance : 540 ch à 7 500 tr/min
Couple : 540 Nm à 3 500 tr/min
Transmission : propulsion, robotisée double embrayage, 7 vitesses
Poids : 1 311 kg (à sec)
Lxlxh (m) : 4,53×1,92×1,20
Empattement : 2,67 m
Vitesse maxi. : 320
0 à 100 km/h : 3”5
Réservoir : 72 litres
Conso. moyenne (l/100 km) : 10,7 (constructeur)
Volume du coffre (à 2) : 150 litres
Prix : 164 500 €