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Mini Countryman 2017 : la Mini de trop ?

26/02/2017

Après s'être écoulé à 550 000 exemplaires dans le monde depuis sa sortie en 2010, le premier SUV de Mini, la Countryman, revient pour une seconde génération. Mais à désormais 4,29 m, mérite-t-il toujours le nom de Mini ? Nous sommes allés l'essayer dans sa version Cooper D près de Porto, au Portugal, pour répondre à cette question.



Dans le cœur des passionnés de Mini, la Countryman est le break de chasse sorti en 1960 sous le blason Austin. Cinquante ans plus tard cependant, dans une tentative maladroite d'obtenir une validation historique, la marque passée dans le giron de BMW a exhumé le nom pour baptiser son premier SUV, catégorie du XXIe siècle par excellence. Entretemps, mesurant 4,09 m à son lancement, la Countryman avait perdu son titre de plus longue Mini face à la Clubman 2. Elle le reprend aujourd'hui en se renouvelant dans une seconde génération qui pointe à 4,29 m ! Une croissance spectaculaire le faisant d'ailleurs passer de la catégorie dite B des SUV urbains à celle dite C des SUV compacts. Les 20 cm supplémentaires bénéficient autant à l'habitabilité, avec un empattement rallongé de 75 mm, qu'au volume de coffre, qui passe de 350 à 450 litres, et de 1 170 à 1 390 litres une fois le dossier de banquette rabattu.



Côté esthétique, la ligne de la nouvelle venue tranche avec celle de sa devancière. Si cette dernière était toute en rondeurs, la première y ajoute quelques angles qui apportent une dose d'agressivité et de muscles supplémentaires. On garde cependant le toit flottant, le pare-brise vertical, les surfaces vitrées de taille réduite et les porte-à-faux très courts, autant de détails esthétiques qui font l'identité visuelle de la marque mais appliqués à la silhouette d'un SUV. Le résultat final manque cependant un peu d'homogénéité, un trois quarts avant étant par exemple bien plus agréable qu'un trois quarts arrière, mais ça reste largement plus réussi dans les proportions qu'une Clubman ou qu'une Mini 5 portes.




À l’intérieur, outre la place supplémentaire indéniable, on note une planche de bord bien plus sobre que sur d'autres modèles de Mini, avec des aérations presque rectangulaires, mais on garde toujours d'un point de vue ergonomique cette impression de fouillis dans la partie centrale que provoque ce mélange de formes, de matières et même de lumières. Mais c'est comme l'extérieur : on déteste ou on adore. Quant à la finition, elle est d'un niveau tout à fait premium à certains endroits, mais l'est clairement moins à d'autres.







La Mini Countryman de seconde génération évolue aussi au niveau de ses équipements, en adoptant de série une banquette arrière coulissante sur 13 cm au dossier rabattable 40/20/40, mais aussi via les options un affichage tête haute couleur, un hayon à commande électrique et un nouveau système multimédia avec écran de 8,8 pouces, navigation, services connectés et application Mini Country Timer. Cette dernière plaira beaucoup aux amateurs de jeux vidéo puisqu'elle comptabilise par l'intervention du contrôle de stabilité DSC le temps que vous passez en tout-terrain et vous récompense par une animation sur l'écran.







Développée sur la même plateforme UKL2+ que le BMW X1, elle retrouve donc des motorisations TwinPower déjà connues au lancement de la Countryman 2 avec deux essence, la Cooper et son 3 cylindres 1,5 l turbo de 136 ch et 220 Nm et la Cooper S et son 4 cylindres 2,0 l turbo de 192 ch et 280 Nm, et deux diesels, la Cooper D et son 4 cylindres 2,0 l turbo de 150 ch et 330 Nm et la Cooper SD et son 4 cylindres 2,0 l turbo de 190 ch et 400 Nm, toutes disponibles en transmission intégrale ALL4 pouvant transmettre 100 % de la puissance à l'avant comme à l'arrière. La Cooper SD reçoit de série une boîte de vitesses automatique à huit rapports qui nécessite de repasser par les options et de s'acquitter de 1 970 € supplémentaires (2 120 € avec les palettes au volant) pour les autres modèles, à l'exception de la Cooper dont le 3 cylindres ne peut être associé qu'à une six rapports contre 1 820 €. Il est d'ailleurs à noter qu'au final, par le jeu du malus, une Cooper S ALL4 est vendue quasiment au même prix qu'elle ait une boîte mécanique ou automatique, puisque dans le premier cas, elle écope d'un malus de 2 610 € quand, dans le deuxième cas, la rallonge n'est que de 953 €. En mars, le haut de gamme JCW fera son entrée en scène fort d'un 2,0 l turbo de 231 ch avec transmission ALL4 de rigueur et sera rejoint en juin par la Cooper SE hybride rechargeable reprenant toute la mécanique de la BMW 225xe Active Tourer et disposant donc d'une puissance cumulée de 224 ch et de 40 km d'autonomie en 100 % électrique.



Passons maintenant au sujet qui fâche : les tarifs. Pour devenir propriétaire d'une Countryman, il faudra signer un premier chèque d'un montant minimum de 26 900 €, ce qui permet d'accéder à la Cooper essence et son équipement de série se limitant aux jantes alliage 16 pouces, l'autoradio, la banquette arrière coulissante, le radar de stationnement arrière et la climatisation manuelle. Il faudra ensuite se plonger dans le catalogue des options épais comme le bottin des Yvelines, avec une facture qui grimpe à une vitesse grand V. Ainsi, notre modèle d'essai, une Cooper D, facturée hors option 29 900 €, a reçu la bagatelle de 14 930 € d'équipements et d'éléments décoratifs supplémentaires, parvenant ainsi à un prix final de… 44 830 €, soit 3 400 € de plus qu'un Audi Q2 2,0 l TDI 150 Quattro DSG7 Design Luxe - finition la plus haute - qui n'est pas connu pour être le SUV le meilleur marché. Et ce n'est pas l'apanage de l'entrée de gamme, puisque même sur une Cooper SD ALL4 à 37 400 €, la figure de proue du moment de la gamme, il faudra remettre la main à la poche pour avoir la caméra de recul, la navigation de base ou encore le radar de stationnement avant.