Suivez-nous

Land Rover Discovery 2017 : le grand retour du Disco

07/03/2017

C'est en 1989 que le Discovery a vu le jour, tentant de se frayer une place entre le Range Rover huppé et le Defender rustique avec la mission difficile de s'approcher au plus près des qualités routières du premier et de celles en tout-terrain du second, ce qu'il a réalisé avec succès sur quatre générations. Mais est-ce que la cinquième mouture dévoilée en septembre dernier au Mondial de l'Automobile marche dans les pas de ses ancêtres ? Nous avons fait le déplacement jusqu'à Saint George, dans l'Utah, pour le déterminer.



Chez Land Rover, on a fait table rase du passé avec cette cinquième génération de Discovery en repartant d'une page blanche ou quasiment. Plus de châssis échelle en effet, mais une plateforme monocoque faisant la part belle à l'aluminium et dérivée de celle du Range Rover, quand les Disco 3 et 4 mélangeaient monocoque et faux châssis pour supporter les suspensions et le Discovery Sport se base sur l'Evoque. Alors certes, les berceaux avant et arrière restent, eux, en acier, mais le constructeur britannique annonce tout de même une perte de poids spectaculaire pouvant aller jusqu'à 480 kg à motorisation équivalente. On partait cependant de très haut et, à 2 174 kg, ce nouveau Discovery n'a rien d'une ballerine, il change plutôt de poste au rugby en passant de pilier à demi de mêlée. Mais ça lui permet tout de même de recevoir à nouveau des motorisations quatre cylindres, ce qui n'était pas arrivé depuis le tout premier modèle.



Issues du catalogue du groupe Jaguar Land Rover, quatre mécaniques, déjà connues et forcément associées à la boîte automatique à huit rapports et à la transmission intégrale, sont proposées au lancement, à commencer par le 2,0 l diesel Ingenium, 4 cylindres donc, tout en aluminium et qui délivre 180 ch et 430 Nm dans sa version turbo Td4, et 240 ch et 500 Nm dans sa version biturbo Sd4, avec des consommations mixtes minimums annoncées de respectivement 6,0 l et 6,3 l/100 km. Deux V6 suralimentés sont ensuite disponibles, le Td6 de 258 ch et 600 Nm et le Si6 de 340 ch et 450 Nm, le premier se contentant officiellement de 7,2 l de gasoil aux 100 km, le second de 10,9 l de sans-plomb. Vous l'aurez compris vu les consommations annoncées, le Discovery ne fait pas partie des meilleurs élèves face au malus écologique puisqu'il faudra faire une rallonge allant de 2 610 € à 10 000 € suivant la motorisation choisie.



Si le Discovery évolue techniquement de façon spectaculaire, sa ligne suit une direction similaire. Dans ce domaine, il se plaçait précédemment entre le Defender très carré et le Range Rover plus élancé, se trouvant un style à lui. Mais avec la disparition du premier, seul le second semble être devenu la source d'inspiration. À moins que ce soit le Discovery Sport ? La période cubiste est donc définitivement terminée, et le Disco s'insère désormais parfaitement dans la gamme Land Rover, même si ça lui coûte une grande partie de sa personnalité. Les inconditionnels du modèle se consoleront avec le toit qui conserve sa petite marche devenue très subtile et la plaque d'immatriculation arrière toujours décentrée mais déploreront dans le même temps l'abandon du hayon en deux parties et les vitres de custode qui ne débordent plus sur le toit.







Si l'extérieur ne fera pas l'unanimité, l'intérieur devrait par contre remporter la majorité des suffrages tant l'habitacle est l'un des points forts. Clair et lumineux, surtout si vous cochez la case du double toit vitré panoramique à 1 960 €, il offre un point de vue imprenable sur le monde l'entourant, avec une visibilité fantastique. La planche de bord est aussi une vraie réussite, combinant avec un vrai talent esthétique épurée, ergonomie poussée et finition tout ce qu'il y a de plus premium. L'habitabilité a aussi de quoi faire rougir de nombreux monospaces, la place étant royale à la tête comme aux jambes aux premier et second rangs. Conformément à la tradition, il est possible d'avoir deux sièges supplémentaires déployables dans le coffre, une option à 1 630 €, ce qui fait du Discovery - et Land Rover insiste bien sur ce point - un authentique 7 places et non un 5 + 2 places, comprendre par là qu'il ne s'agit pas de deux strapontins ne servant qu'à de courts voyages ou à réserver à des enfants. Dans la réalité, mon mètre 83 se sent tout de même un peu à l'étroit, mais je n'ai pas pour autant les oreilles entre les genoux et l'accès est facile. Quant aux volumes de coffre, ils tiennent ici plus de l'utilitaire que de la voiture de particulier, avec 1 231 litres en configuration 5 places et jusqu'à 2 500 litres en 2 places, ce qui en fait un des meilleurs du segment dans ce domaine.













Il faudra débourser un minimum de 50 900 € pour ce nouveau Discovery dans sa version Td4 180 ch, et 54 800 € pour le Sd4 de 240 ch qui fera sans aucun doute le gros des ventes. Cette version est très bien placée face aux 61 270 € d'un Audi Q7 V6 3,0 l TDI 218 ch, aux 56 900 € d'un Jeep Grand Cherokee 3,0 V6 CRD 250, ou aux 58 650 € d'un BMW X5 xDrive25d et ne doit s'incliner au final que face au Volvo XC90 D5 AWD à 54 700 €. Les deux V6 essence et diesel sont, eux, facturés à des prix identiques débutant à 59 300 €.



On remarque cependant, sur une voiture avec un ticket d'entrée à plus de 50 000 €, de nombreuses et mesquines lacunes d'équipement nécessitant de repasser par le catalogue des options, comme le radar de stationnement arrière facturé 410 € sur la finition d'entrée de gamme S, le système d'entrée sans clé à 880 € sur le second niveau de finition SE, la caméra de recul à 430 € sur S et SE, le contrôle des angles morts qui n'est de série que sur le haut de gamme HSE Luxury, les phares et essuie-glaces automatiques de série qu'à partir de SE et le régulateur de vitesse adaptatif, forcément une option à 1 230 €, même sur un Si6 HSE Luxury à 74 300 €.