Suivez-nous

Peugeot 3008 1,6 BlueHDI 100 : une entrée de gamme diesel qui vaut le coup ?

19/04/2017

Le Peugeot 3008 de seconde génération est un véhicule bien né dont chacune des motorisations que nous avons pu essayer depuis sa première présentation nous a enthousiasmés. Il en reste cependant une dernière version à essayer, le BlueHDI 100, l'entrée de gamme diesel. Est-ce que le best-seller du lion réalise le grand chelem ?



Le Peugeot 3008 de seconde génération continue son raz de marée dans l'Hexagone en s'installant à la septième place des meilleures ventes sur les deux premiers mois de 2017 avec 9 610 immatriculations, ce qui en fait le SUV le plus populaire derrière le 2008 mais devant le Renault Captur d'une courte tête. Un succès qui s'explique par une personnalité affirmée à l'extérieur comme à l'intérieur sans pour autant oublier les aspects pratiques, un comportement routier à la fois efficace et confortable, une finition nettement à la hausse et une gamme de moteurs complète, en essence comme en diesel. Le cœur de gamme dans ce dernier domaine est évidemment le 1,2 l Puretech 130 et le 1,6 l BlueHDI 120, d'excellents compromis entre performance et sobriété, mais les figures de proue incarnées par le 1,6 THP 165 et le 2,0 BlueHDI 180 ne manquent pour autant pas d'attrait. Qui peut le plus peut le moins, comme on dit communément. Mais qu'advient-il pour qui peut le moins ? C'est la réponse que nous souhaitions trouver à l'issue de l'essai du 3008 dans sa version 1,6 BlueHDI 100, l'entrée de gamme diesel du SUV compact du lion.









À l’intérieur cependant, les différences avec les versions plus huppées sont moins marquées, ne serait-ce que par l'impression de qualité que dégagent le petit volant, l'instrumentation entièrement numérique i-Cockpit, l'écran central de 8 pouces et les commandes en forme de touches de piano, autant d'éléments de série. Tout ce qui fait l'essence de l'habitacle du 3008 est donc déjà là. La finition Allure comprend de plus la climatisation automatique bi-zone, les projecteurs antibrouillard et le radar de stationnement arrière. Pas de surveillance des angles morts donc, même en option, ce qui est bien dommage puisque la visibilité de trois quarts arrière a clairement été sacrifiée sur l'autel du design. Question habitabilité, c'est par contre le carton plein avec une place généreuse non seulement pour les passagers arrière mais aussi pour leurs bagages avec 520 litres en configuration cinq places et jusqu'à 1 482 litres une fois le dossier rabattu, de bonnes valeurs dans le segment.









On retrouve donc sous le capot le très connu 1,6 BlueHDI dans sa version DV6FDTED développant 100 ch à 3 500 tr/min et 254 Nm à 1 750 tr/min, ce qui fait de cette version non seulement la moins puissante des 3008, mais aussi la moins puissante du segment des SUV compacts derrière le Dacia Duster 1,5 dCi 90. Certes, elle est aussi très légere pour la catégorie, avec 1 290 kg officiellement sur la balance, mais ça ne fait pas non plus de miracle, avec un 0 à 100 km/h annoncé en 13,1 s et surtout un 80 à 120 km/h en quatrième en 11,2 s, soit 1,6 s de plus que la version BlueHDI 120 sur le même exercice… en cinquième. Des chiffres peu glorieux obtenus de plus avec le seul conducteur à bord, ce qui laisse présager de performances plus médiocres encore avec quelques passagers et un coffre chargé, ce qui arrive régulièrement pour un tel véhicule à vocation familiale. À titre de comparaison, parmi les concurrents en entrée de gamme diesel, il faudra 10,9 s pour un Volkswagen Tiguan 2,0 TDI 115 afin d'atteindre 100 km/h, 11,5 s pour un Seat Ateca 1,6 TDI 115 et enfin 11,9 s pour un Mercedes GLA 180d de 109 ch ainsi qu'un Nissan Qashqai et un Renault Kadjar 1,5 dCi 110 ch. Le 3008 ne peut encore une fois que compter sur le Duster pour faire moins bien, à 13,8 s. Pour entretenir une progression acceptable, il faut donc user régulièrement de la boîte mécanique à cinq rapports, unique choix, et si, comme souvent chez Peugeot, cette dernière ne prête pas le flanc à la critique d'un point de vue technique, avec des verrouillages fermes et une course de longueur raisonnable, c'est ici l'ergonomie qui pêche. En effet, cette console centrale très haute à la façon d'un coupé, véritable réussite esthétique, se marie mal avec le mouvement même qu'impose une transmission manuelle : l'avant-bras frotte de façon désagréable à chaque changement de rapport, à moins de lever le coude de façon peu confortable. Cependant, cela tient évidemment plus du détail du signalement que d'un véritable défaut, puisque lié à la fois à la morphologie du conducteur et à la position de conduite.

 

Au final, avec un pied plus lourd sur l'accélérateur et des rapports tirés plus haut dans les tours pour ne serait-ce que rester dans le rythme du trafic, on obtient une consommation moyenne de 6,2 l/100 km au terme de notre essai, ce qui est au décilitre près ce que nous avions obtenu au volant de la version BlueHDI 120 du 3008.



Malgré ce manque de bonne volonté mécanique, on retrouve toujours un excellent châssis dans le plus pur style Peugeot qui se trouve ici à des années-lumière de ses limites. Il conjugue avec un talent certain un grand confort complété par une insonorisation efficace et un dynamisme délivrant un authentique plaisir de conduite.

 

À 27 400 € en finition Access, le Peugeot 3008 1,6 BlueHDI 100 n'est déjà pas donné en se plaçant non seulement entre 1 000 et 2 000 € de plus qu'une concurrence généraliste sans exception plus performante, mais aussi 1 500 € au-dessus d'une version 1,2 THP 130 à l'agrément considérablement supérieure et à la boîte à six rapports. En finition Active, le ticket d'entrée est alors de 29 500 € et chacun des 700 € supplémentaires réclamés pour passer au BlueHDI 120 semble plus que justifié.