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Renault Scénic 1,5 dCi 95 : minimum syndical

10/05/2017

C'est une technique habituelle chez les constructeurs de placer en entrée de gamme des modèles sous-motorisés et sous-équipés sans avoir la moindre ambition de les vendre mais seulement pour pouvoir imprimer sur des plaquettes publicitaires des tarifs « à partir de… » particulièrement percutants afin d'attirer l'attention de clients. Clients qui, une fois le seuil des concessions franchies, finissent toujours au final, devant l'indigence de la dotation de série et/ou des performances, par prendre la finition au dessus et le moteur plus puissant. Est-ce que le Scénic dCi 95 Life en fait partie ? Nous en avons pris le volant.



A la première approche de ce Renault Scenic dCi 95 Life à 25 700 €, rien ne laisse imaginer qu'il s'agit là d'une version d'entrée de gamme, autant au niveau de la motorisation que de la finition : il présente parfaitement bien, avec sa ligne fluide tout à fait réussie à mi-chemin entre monospace et SUV, sa couleur unie qui lui confère une certaine élégance et ses jantes de 20 pouces. Toutefois notre modèle d'essai reçoit l'option alliage quand il se faudra se contenter de série d'éléments en tôle, même si le dessin des enjoliveurs parvient à faire illusion. Une fois le seuil de la porte franchi cependant, le doute n'est plus de mise : des compteurs analogiques tout ce qu'il y a de plus classique, pas d'écran central tactile mais un simple afficheur trois lignes de 4,2 pouces et une planche de bord recouverte d'un océan de plastique monochrome.









La liste d'équipements est logiquement des plus courtes mais comble, contrairement à ce que le nom de la finition pourrait laisser penser, un peu plus que les seuls besoins vitaux, offrant la climatisation, le régulateur/limiteur de vitesse, les antibrouillards avant, les rétroviseurs électriques et dégivrants et même un volant réglable en hauteur et en profondeur, quatre vitres électriques à impulsion et une alerte de survitesse avec reconnaissance des panneaux ! Mieux encore, la modularité et les aspects pratiques qu'on est en droit d'attendre d'un monospace, aussi croisé soit-il avec un SUV, sont déjà présents. Certes, il faut faire définitivement son deuil des sièges arrières indépendants sur cette quatrième génération de Scénic, mais il reste toutefois une banquette 2/3-1/3 coulissante sur 16 cm et rabattable pour faire un plancher plat, des fixations Isofix sur le siège passager et sur les places extérieures à l'arrière et quatre trappes de rangement dans le plancher. Et évidemment, 506 dm3 de volume de chargement, ce qui se situe dans la moyenne haute de la catégorie. Au final, ce qui manquera surtout est l'allumage des feux et le déclenchement des essuie-glaces automatiques, ce à quoi on se refait rapidement.



Après avoir tourné la bonne vieille clé de contact à l'ancienne, le 1,5 dCi s'ébroue discrètement, soulignant dès le ralenti le soin particulier qui a été apporté à son encapsulage. Développant dans cette version 95 ch à 4 000 tr/min et 240 Nm à 1 750 tr/min et seulement disponible avec cette finition Life, il a la lourde tâche d'emmener un ensemble avouant 1 430 kg à vide en ordre de marche auxquels peuvent se rajouter 613 kg de charge utile. Autant dire que les performances restent dans le domaine de l'acceptable seul à bord et le coffre vide, avec un 0 à 100 km/h annoncé en 13,7 s, mais qu'il faut jouer de la boîte de vitesses, au maniement agréable mais aux rapports exagérément longs, pour en tirer le meilleur - ou plutôt le moins pire - si l'on souhaite emmener quelques passagers et leurs effets personnels, ce qui est tout de même la vocation du véhicule. Et si les jantes en tôle de 20 pouces parviennent à donner le change esthétiquement, la masse non suspendue supplémentaire qu'elles entraînent par rapport à des éléments en alliage ne fait rien pour aider les accélérations et les reprises, sans parler du fait qu'il vous faudra sans aucun doute repasser obligatoirement par une concession Renault pour remplacer d'éventuels enjoliveurs perdus ou volés. Les 5,7 l/100 km de moyenne relevés au terme de notre essai sont cependant particulièrement remarquables, mais c'est seulement un décilitre de moins que ce que nous avions noté à bord du Scénic dCI 110.



Mis à part ce moteur à la peine, ce Scénic est tout à fait agréable volant en main, par la bonne position de conduite qu'il offre mais aussi par la visibilité remarquable, avec une vue imprenable sur l'avant, avec les doubles montants de pare-brise et le capot court, et sur l'arrière avec des angles morts réduits au strict minimum. Renault a su de plus lui trouver un excellent compromis entre confort et précision, suffisamment pour en faire une des références de la catégorie dans ce domaine..